Retirer de l’argent de son assurance-vie : ce que l’on paie vraiment

« Si je retire 10 000 €, je vais être imposé sur 10 000 € ? » C’est la crainte qui revient le plus souvent quand un client a besoin de récupérer une partie de son épargne. La réponse est non, et l’écart entre ce que les gens imaginent et ce qu’ils paient réellement est souvent considérable.
Vous n’êtes imposé que sur les gains du retrait
Quand vous demandez un rachat partiel, l’assureur considère que la somme sortie contient la même proportion de capital versé et de gains que votre contrat dans son ensemble. Seuls les gains sont imposables.
Prenons un contrat de 50 000 € alimenté par 40 000 € de versements, donc 10 000 € de gains, soit un cinquième de la valeur. Un retrait de 10 000 € sera considéré comme contenant 8 000 € de capital, qui ne sont pas imposés, et 2 000 € de gains, qui le sont. Vous ne payez pas d’impôt sur votre propre argent qui revient.
Après huit ans, un abattement que beaucoup n’utilisent jamais
Sur un contrat de plus de huit ans, les gains retirés bénéficient chaque année d’un abattement de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. En dessous, l’impôt sur le revenu ne s’applique pas sur ces gains.
C’est un abattement annuel : il se reconstitue chaque 1er janvier et il ne se reporte pas. Un retrait de 40 000 € fait en une fois et le même retrait étalé sur deux années civiles ne coûtent donc pas la même chose. C’est l’un des rares leviers où le simple choix de la date change le résultat.
Les prélèvements sociaux, eux, ne s’effacent pas
Les 17,2 % de prélèvements sociaux s’appliquent aux gains quelle que soit l’ancienneté du contrat et quel que soit l’abattement. Sur le fonds en euros, ils sont d’ailleurs prélevés chaque année sur les intérêts, au fil de l’eau. L’abattement de huit ans porte sur l’impôt sur le revenu, pas sur eux.
Avant huit ans, ce n’est pas la catastrophe qu’on décrit
Les gains sont alors soumis au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux. Ce n’est pas l’abattement de huit ans, mais ce n’est pas non plus la tranche marginale de votre impôt sur le revenu. Casser un contrat jeune parce qu’on a besoin d’argent n’est pas une faute de gestion.
Une précision utile
Ce que je décris ici est le régime des contrats d’assurance-vie français. Le projet de budget 2027 prévoit de modifier les règles applicables à certains contrats souscrits à l’étranger, luxembourgeois notamment, lorsqu’ils ne respectent pas des conditions précises. Si vous détenez un contrat de ce type, ces paramètres ne sont pas forcément les vôtres, et cela mérite un examen à part.
Avant chaque rachat, je regarde l’ancienneté du contrat, la part de gains qu’il contient, l’abattement déjà consommé dans l’année et vos autres revenus de l’année en cours. Le même besoin d’argent se finance rarement au même coût selon le contrat qu’on utilise et le mois où on le fait.
Savez-vous quelle part de gains contient votre contrat, et quel abattement vous avez déjà utilisé cette année ? Pour en savoir plus sur votre situation, vous pouvez me joindre au 06 63 01 84 16 ou m’écrire à cedric@cdu-conseil.fr, pour un premier échange sans engagement.
J’accompagne sur ces questions les particuliers et les professionnels de Saintes et de toute la Charente-Maritime.
Cédric Dusséval, consultant patrimonial
Informations à caractère général, ne constituant pas un conseil personnalisé. Seuils et taux applicables aux contrats français au 25 octobre 2026, susceptibles d’évoluer. ORIAS n° 15001895.
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